Entre 50 et 70 % des footballeurs souffrent de pubalgie au cours de leur carrière, faisant de cette pathologie l'un des fléaux les plus répandus — et pourtant les plus méconnus — du football. Plus préoccupant encore : le diagnostic précis n'est posé en moyenne que 20 mois après l'apparition des premiers symptômes, un délai qui aggrave considérablement les lésions et allonge la durée de récupération. Que vous soyez joueur touché par des douleurs persistantes à l'aine, entraîneur soucieux de protéger votre effectif, ou simplement en quête d'informations fiables, cet article-FAQ vous apporte des réponses concrètes sur la pubalgie du footballeur et le rôle de l'ostéopathie dans sa prise en charge. Au cabinet de Cesson-Sévigné et de Montgermont, Médéric de La Bourdonnaye, ostéopathe diplômé et spécialisé dans l'accompagnement des sportifs, prend en charge régulièrement ce type de problématique avec une approche globale et individualisée.
Ce qu'il faut retenir
La pubalgie désigne un syndrome douloureux de la région pubienne et inguinale, impliquant plusieurs structures anatomiques : la symphyse pubienne, les muscles adducteurs de la cuisse — en particulier le long adducteur — et les muscles abdominaux (grands droits, obliques, transverses). Ce n'est pas une pathologie unique, mais un ensemble de trois formes cliniques qui coexistent fréquemment chez le footballeur.
La première, la pubalgie pariétale abdominale, correspond à une souffrance du canal inguinal. La deuxième, l'ostéo-arthropathie pubienne, est une inflammation de l'os pubien liée à des contraintes répétées. La troisième, la tendinite des adducteurs, se manifeste par une inflammation à l'insertion tendineuse sur le pubis. Chez le footballeur, ces trois formes sont souvent intriquées, ce qui complique le diagnostic et la prise en charge.
Le Consensus de Doha constitue aujourd'hui la classification internationale de référence pour nommer et catégoriser les douleurs inguinales du sportif. Il distingue quatre grandes catégories étiologiques : adducteurs (tendinopathie du long adducteur), anneau inguinal, psoas et symphyse pubienne. Cette classification est utilisée par les professionnels de santé pour poser un diagnostic précis et orienter le joueur vers le bon spécialiste selon la localisation de sa douleur. À noter toutefois : deux catégories peuvent être intriquées chez un même joueur, ce qui rend indispensable un bilan clinique complet.
Pourquoi le football est-il si exposé ? Le mécanisme central repose sur un déséquilibre de la chaîne musculaire antérieure — une sangle abdominale souvent insuffisamment tonique — et des adducteurs puissants, surexploités. Ces deux groupes musculaires exercent des tractions opposées sur la symphyse pubienne. Les gestes techniques du football — tirs, sprints, changements de direction, pivots, tacles — imposent des cisaillements répétés sur cette zone, amplifiant ce déséquilibre. Dans une étude portant sur 207 sportifs toutes disciplines confondues, les footballeurs représentaient 66 % des cas de pubalgie.
Les données épidémiologiques dressent un portrait précis du joueur vulnérable. La pubalgie touche quasi exclusivement les hommes (96,9 % des cas dans une étude portant sur 128 joueurs pubalgiques). L'âge moyen de survenue est de 25,8 ans, avec 87,5 % des cas concentrés entre 16 et 29 ans. Le poste de milieu de terrain est le plus exposé, représentant 42 % des cas, devant les défenseurs (30,25 %) et les attaquants (26,9 %). Les joueurs dépassant 8 heures d'entraînement hebdomadaire présentent un risque significativement accru. Chez le profil morphotypique classique à risque (sportif masculin avec hyperlordose et antéversion du bassin), un déficit des muscles abdominaux obliques pouvant atteindre jusqu'à 87 % a déjà été mesuré, illustrant concrètement l'ampleur du déséquilibre entre la chaîne postérieure dominante et la sangle abdominale défaillante. Pour rappel, des footballeurs de renom comme Zinédine Zidane et Franck Ribéry ont été victimes de cette pathologie au plus haut niveau.
À noter : si vous êtes footballeur et souhaitez bénéficier d'un accompagnement ostéopathique adapté aux sportifs, un bilan préventif en début de saison permet de prendre en charge des zones de contraintes en lien avec votre sport.
La douleur liée à la pubalgie est d'apparition progressive — rarement brutale. Elle se manifeste au bas-ventre, au pubis ou en face interne de la cuisse, avec parfois des irradiations vers le périnée, les testicules ou les muscles abdominaux. Le footballeur ressent typiquement une sensation de tiraillement ou de brûlure à l'aine. Cette douleur est aggravée par l'effort (tir, sprint, changement de direction), mais également par des gestes quotidiens comme la toux, les éternuements ou la montée des escaliers.
Le signal d'alerte principal est le suivant : une douleur qui disparaît au repos mais réapparaît systématiquement à la reprise de l'effort. Ce schéma cyclique est caractéristique de la pubalgie. Beaucoup de joueurs sous-estiment ces douleurs progressives et continuent de s'entraîner, aggravant ainsi les lésions tendineuses et osseuses. Chaque semaine de pratique sans traitement allonge la durée de récupération.
Avant de poser un diagnostic de pubalgie, plusieurs pathologies doivent être écartées, car les symptômes peuvent se chevaucher :
Concernant l'imagerie, une information essentielle mérite d'être soulignée : la radiographie seule est insuffisante. Une étude publiée en 2024 montre que des anomalies radiographiques pubiennes sont présentes chez 83 % des footballeurs asymptomatiques, ce qui en fait un marqueur peu fiable. L'IRM reste l'examen de référence pour un bilan lésionnel complet et pour écarter les diagnostics différentiels.
Le principe fondateur de l'ostéopathie — traiter l'ensemble du corps et non uniquement la zone douloureuse — prend tout son sens face à la pubalgie. Un traitement focalisé exclusivement sur le pubis ou les adducteurs, sans prendre en compte les contraintes sur le segment déambulateur ou encore sur le dos, expose souvent à la récidive. C'est précisément cette approche globale qui fait la pertinence de l'ostéopathie dans cette pathologie.
L'ostéopathe intervient sur plusieurs plans complémentaires. Sur le plan articulaire, il examine et traite l'ensemble de la chaîne cinétique : bassin, sacrum, colonne lombaire, hanche, genou, pied et cheville. Sur le plan musculaire, le travail porte sur les adducteurs, les abdominaux (obliques, transverses, grands droits) et le psoas, avec des techniques myofasciales et de relâchement musculaire.
Si nécessaire, l'ostéopathe oriente vers d'autres professionnels : un podologue en cas d'inégalité de longueur des membres inférieurs (l'association semelles orthopédiques et ostéopathie est particulièrement efficace pour limiter les récidives), ou un médecin en cas d'inflammation importante nécessitant un traitement médicamenteux. En cas de pubalgie chronique résistante aux traitements conservateurs classiques (après au moins 3 mois de prise en charge bien conduite), les ondes de choc peuvent constituer une option intermédiaire avant d'envisager la chirurgie.
À noter : en cas d'échec avéré du traitement conservateur après minimum 3 mois, l'option chirurgicale peut être envisagée. La chirurgie ne doit jamais être envisagée comme solution de premier recours : une reprise trop précoce post-chirurgie sans rééducation adaptée expose à la récidive.
Le protocole de Hölmich (2009), testé sur 977 footballeurs, a démontré qu'un programme de prévention structuré réduit l'incidence de la pubalgie de 31 %. Réalisé en pré-saison, ce programme peut même diviser l'incidence par quatre. Il repose sur un exercice devenu incontournable : l'Adduction de Copenhague, référence du renforcement excentrique des adducteurs, associé au gainage ventral, latéral et dynamique.
Un point fondamental est souvent négligé : le renforcement des abdominaux obliques et transverses est tout aussi important que celui des adducteurs. Renforcer uniquement les adducteurs sans travailler la sangle abdominale ne suffit pas à rééquilibrer les tensions sur la symphyse pubienne. Deux séances hebdomadaires de gainage profond suffisent en entretien, notamment après 30 ans.
La règle des +10 % constitue un repère simple à appliquer : ne jamais augmenter le volume d'entraînement de plus de 10 % par semaine. Au-delà, le risque de pubalgie et de tendinopathie double. Cette règle s'applique aussi bien à la reprise après blessure qu'à la préparation d'une nouvelle saison.
Un bilan ostéopathique préventif, réalisé en début de saison ou avant une reprise après blessure, permet de détecter des zones de sensibilité autour du bassin, de la hanche ou du rachis lombaire qui prédisposent à la pubalgie. Les sportifs de haut niveau consultent régulièrement leur ostéopathe à titre préventif, avant même l'apparition des douleurs — une démarche accessible à tous les niveaux de pratique.
Si vous êtes footballeur dans le bassin rennais et que vous souffrez de douleurs à l'aine, ou si vous souhaitez bénéficier d'un bilan préventif en début de saison, le cabinet de Camille Hubert et Médéric de La Bourdonnaye, à Cesson-Sévigné et Montgermont, vous propose une prise en charge adaptée à votre situation. Médéric de La Bourdonnaye, dont l'approche est particulièrement orientée vers les sportifs, s'appuie sur son expérience dans différentes disciplines et sur une analyse structurée des contraintes liées à la pratique physique. Chaque consultation accorde une place centrale à l'écoute, à l'explication des mécanismes en cause et à des conseils concrets, réellement applicables dans votre quotidien sportif. Vous pouvez prendre rendez-vous directement en ligne pour une consultation au cabinet de Cesson-Sévigné ou de Montgermont.