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Ostéopathie, endométriose et douleurs pelviennes : une aide réelle au quotidien ?

22/09/2026
Ostéopathie, endométriose et douleurs pelviennes : une aide réelle au quotidien ?
L'ostéopathie soulage-t-elle vraiment les douleurs pelviennes de l'endométriose ? Techniques, bénéfices et limites expliqués

En France, l'endométriose touche environ 2 millions de femmes, soit 1 femme sur 10 en âge de procréer. Malgré cette prévalence considérable, le retard diagnostique moyen reste de 7 ans selon la HAS et le CNGOF — sept années d'errance médicale pendant lesquelles les douleurs s'installent et se chronicisent. Plus troublant encore : même après un diagnostic posé et un traitement hormonal ou chirurgical mis en place, les douleurs pelviennes persistent souvent. Un travail pluridisciplinaire doit être mis en place pour chaque patiente. 

 

À Cesson-Sévigné, Camille Hubert, ostéopathe spécialisée dans l'accompagnement des femmes et la santé pelvienne, et Médéric de la Bourdonnaye, ostéopathe spécialisé dans la prise en charge des douleurs chroniques, exerçant à Montgermont, reçoivent régulièrement des patientes atteintes de pathologies féminines.

 

Oui, l'ostéopathie peut apporter un soulagement réel en cas d'endométriose et de douleurs pelviennes chroniques — à condition d'en comprendre le rôle exact et ses limites.

 

Ce qu'il faut retenir :

  • 10% des femmes en âge de procréer sont atteintes d'endométriose dans le monde. 2 millions de femmes en France. 

  • La localisation, l’étendue et la profondeur des lésions ne sont pas corrélées à l’intensité des douleurs. 

  • 86 % des patientes atteintes d'endométriose recourent à des thérapies non pharmacologiques en complément de leur traitement médical 

  • L’ostéopathie dans une prise en charge pluridisciplinaire peut être une aide précieuse

 

Pourquoi les douleurs pelviennes persistent-elles malgré le traitement médical ?

 

Pour saisir ce que l'ostéopathie peut apporter, il faut d'abord comprendre pourquoi la douleur ne disparaît pas toujours avec les traitements conventionnels. La réponse tient en grande partie à la complexité des mécanismes douloureux en jeu dans l'endométriose.

 

Trois mécanismes de douleur distincts dans l'endométriose

 

Le premier est la douleur nociceptive. Le tissu endométrial présent hors de l'utérus saigne à chaque cycle menstruel, mais ces saignements n'ont nulle part où s'évacuer. Ils provoquent une inflammation chronique, la formation de kystes, d'adhérences entre les organes et des tractions douloureuses. Les prostaglandines et les cytokines libérées localement entretiennent cette réaction inflammatoire cycle après cycle. 

 

Le deuxième mécanisme est la douleur neuropathique. L'inflammation chronique finit par irriter, voire léser les terminaisons nerveuses environnantes. Des fibroses cicatricielles peuvent se former sur le trajet des nerfs pelviens. Ce type de douleur peut persister même lorsqu'aucune lésion n'est visible à l'IRM.

 

Le troisième mécanisme, plus récemment reconnu par la communauté scientifique, est la douleur nociplastique. Il s'agit d'une hypersensibilisation du système nerveux central : les circuits de modulation de la douleur se dérèglent, et le cerveau amplifie les signaux douloureux de manière disproportionnée par rapport à l'étendue réelle des lésions. C'est précisément ce qui explique qu'une femme peut souffrir de douleurs très invalidantes avec de petites lésions, tandis qu'une autre peut être quasiment asymptomatique à un stade avancé de la maladie. 

 

A noter : L’inflammation à bas bruit, ou inflammation chronique est un phénomène étroitement lié aux douleurs pelviennes du fait de la régularité de ces dernières. Ce phénomène peut à terme se propager à plus grande échelle et causer des troubles comme par exemple le syndrome du côlon irritable, ou encore une vessie hyperactive. Des symptômes digestifs ou urinaires persistants — ballonnements, urgences mictionnelles, douleurs à la miction — ne sont donc pas « hors sujet » : ils peuvent être intégrés dans le travail ostéopathique viscéral pelvien. Bien entendu, un bilan urologique ou gastro-entérologique préalable reste indispensable si ces symptômes n'ont pas été explorés médicalement.

 

Ce que les traitements hormonaux et chirurgicaux ne parviennent pas à corriger

 

Les thérapies hormonales et la chirurgie ciblent les lésions endométriales elles-mêmes. Les soins multidisciplinaires sont spécifiquement recommandés pour combattre la douleur persistante liée à la sensibilisation centrale et à la douleur nociplastique, lorsque le traitement médical ou chirurgical seul est insuffisant. 

 

Les organes pelviens — utérus, trompes, ovaires, rectum, vessie — peuvent perdre leur capacité de glissement les uns par rapport aux autres sous l'effet des adhérences et de l'inflammation chronique. Parallèlement, le plancher pelvien développe des contractures musculaires involontaires. Ces contractures entretiennent un cercle vicieux : la douleur provoque la tension musculaire, qui elle-même amplifie la douleur. Des études récentes confirment que ces zones de contraction musculaire peuvent maintenir la douleur même après l'élimination chirurgicale des lésions et la gestion hormonale. C'est précisément à ce stade qu'une approche mécanique complémentaire devient pertinente.

 

À noter : selon une étude publiée dans le Journal of Endometriosis and Uterine Disorders (2025), menée avec l'association EndoFrance auprès de 778 patientes (âge moyen : 35 ans), 86 % d'entre elles recourent à des thérapies non pharmacologiques pour gérer leur douleur pelvienne chronique. Envisager l'ostéopathie en complément de votre traitement médical est une démarche que la grande majorité des patientes concernées adoptent. Ce recours ne doit toutefois jamais retarder le diagnostic gynécologique ni se substituer au traitement médical.

 

Ostéopathie et endométriose : ce que les techniques manuelles peuvent apporter concrètement

 

Les axes de traitement ostéopathique adaptés aux douleurs pelviennes

 

L'ostéopathie viscérale constitue le premier axe de travail. Elle vise à restaurer la mobilité des organes pelviens par des mobilisations douces des ligaments utéro-sacrés, des insertions myofasciales abdomino-pelviennes et des structures fibreuses qui relient les organes entre eux. L'objectif est d'assouplir les zones de restriction et de redonner aux organes leur capacité de glissement naturel.

 

Le travail myofascial représente un deuxième axe essentiel. Il consiste à relâcher les fascias pelviens — ces enveloppes de tissu conjonctif qui entourent les muscles et les organes — et à agir sur les adhérences inter-organes.

 

L'ostéopathie musculo-squelettique, troisième axe, intervient sur les lombaires, le bassin, le thorax, le périnée ou encore le diaphragme. Les zones cicatricielles, notamment après une cœlioscopie, font également l'objet d'un travail spécifique. Le projet Movendop, premier programme de recherche financé par l'association EndoFrance, étudie précisément l'impact des mobilisations abdominales ostéopathiques en post-opératoire pour lutter contre la formation d'adhérences.

 

Un quatrième axe concerne la circulation pelvienne. L'amélioration du retour veineux et lymphatique permet de réduire la congestion pelvienne chronique, souvent responsable de sensations de lourdeur, de jambes lourdes et parfois d'hémorroïdes secondaires à la stase veineuse. Le drainage lymphatique manuel, que propose notamment Camille Hubert et Médéric de la Bourdonnaye dans leurs cabinets, peut être envisagé par les patientes atteintes d’endométriose. 

 

Enfin, un aspect souvent négligé dans le parcours de ces femmes mérite d'être souligné : les dyspareunies, c'est-à-dire les douleurs lors des rapports sexuels. Les femmes endométriosiques décrivent des douleurs ayant une répercussion sur leur vie intime. Il est intéressant de signaler ce symptôme à votre ostéopathe, car il constitue un axe de travail en ostéopathie viscérale pelvienne (ligaments pelviens, périnée…).

 

Ce que l'ostéopathie ne peut pas faire face à l'endométriose

 

La transparence est essentielle. L'ostéopathie ne guérit pas l'endométriose. Elle ne supprime pas les lésions endométriosiques et ne remplace ni le traitement hormonal, ni la chirurgie, ni le suivi gynécologique. Aucun traitement curatif de l'endométriose n'existe à ce jour. Son rôle est complémentaire : améliorer la mobilité tissulaire, réduire les tensions mécaniques et améliorer la qualité de vie au quotidien. La HAS reconnaît d'ailleurs l'ostéopathie parmi les traitements non médicamenteux pouvant être intégrés dans la prise en charge, dans le cadre d'une approche pluridisciplinaire.

 

Comment intégrer l'ostéopathie dans votre parcours de soins : conseils pratiques

 

Ne pas attendre le diagnostic pour agir sur les tensions mécaniques

 

Compte tenu du retard diagnostique de 7 ans, il est légitime de ne pas attendre un diagnostic formel pour consulter. Des douleurs pelviennes chroniques non expliquées justifient déjà une prise en charge ostéopathique des tensions mécaniques. L'arrivée en 2025 de l'Endotest® — un test salivaire innovant utilisant l'intelligence artificielle et le séquençage de l'ARN non codant, expérimenté depuis février 2025 dans plusieurs centres spécialisés français — pourrait à l'avenir réduire considérablement ce délai diagnostique. Mais en attendant sa généralisation, l'ostéopathie peut agir sur les conséquences tissulaires indépendamment du diagnostic étiologique.

 

Recommandations pour optimiser votre prise en charge en ostéopathie

 

  • Apportez votre bilan d'imagerie (échographie pelvienne, IRM) à la première séance afin que l'ostéopathe puisse visualiser l’étendue des lésions endométriosiques.

  • Informez votre praticien de votre parcours médical : traitements hormonaux en cours (pilule, DIU hormonal, agonistes GnRH), antécédents chirurgicaux, médicaments antalgiques 

  • Privilégiez les premières consultations d’ostéopathie en période folliculaire —c'est-à  -dire après les règles et avant l’ovulation— pour une meilleure tolérance des mobilisations lorsque l'inflammation aiguë est moins intense.

  • Prévoyez potentiellement un suivi. Aucun consensus scientifique n'a été établi dans la littérature sur le nombre de séances ni sur leur fréquence dans le cadre de l'endométriose : la fréquence des consultations est ajustée avec l'ostéopathe selon l'évolution de vos symptômes. 

 

Un accompagnement ostéopathique spécialisé à Cesson-Sévigné et Montgermont

 

Si vous souffrez d'endométriose ou de douleurs pelviennes chroniques et que vous recherchez un accompagnement complémentaire à votre suivi médical, Camille Hubert vous accueille dans son cabinet de Cesson-Sévigné. Ostéopathe diplômée, elle s'est particulièrement formée à l'accompagnement des femmes, notamment sur les problématiques liées à l'endométriose, à la santé pelvienne et à la périnatalité. Médéric de la Bourdonnaye, ostéopathe spécialisé dans la prise en charge des douleurs chroniques, à Montgermont, reçoit lui aussi des femmes atteintes d’endométriose. Leur approche est individualisée, fondée sur l'écoute, la pédagogie et l'adaptation de conseils à votre quotidien. Le but est de vous aider et de coordonner votre prise en charge avec toute votre équipe de professionnels : votre gynécologue, votre sage femme, votre kinésithérapeute... La prise de rendez-vous est possible sans ordonnance, et les cabinets sont accessibles aux habitantes de Cesson-Sévigné, Montgermont, Rennes et des communes environnantes.