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Tendinite récidivante : pourquoi revient-elle et comment l'ostéopathie peut briser ce cercle vicieux ?

28/09/2026
Tendinite récidivante : pourquoi revient-elle et comment l'ostéopathie peut briser ce cercle vicieux ?
Malgré les traitements, votre tendinite récidive ? L'ostéopathie cherche la cause là où vous ne regardez pas

Vous avez tout essayé. Repos, glace, anti-inflammatoires — la douleur finit par s'estomper, et dès que vous reprenez l'entraînement, elle réapparaît au même endroit, parfois plus intense qu'avant. Cette tendinite récidivante touche des milliers de sportifs chaque année, qu'elle siège au tendon d'Achille, au genou, au coude ou à l'épaule. Et si le vrai problème n'était pas là où vous le croyez ? Aux cabinets de Cesson-Sévigné et Montgermont, Médéric de La Bourdonnaye, ostéopathe diplômé et particulièrement investi dans l'accompagnement ostéopathique des sportifs, est confronté régulièrement a ce type de motif de consultation.

 

Ce qu'il faut retenir

  • Un tendon chroniquement douloureux n'est plus inflammatoire mais dégénératif (remplacement du collagène de type I par du type III, néovascularisation anarchique) : les anti-inflammatoires et la glace ne traitent pas le fond du problème.
  • La phase de remodelage tendineux peut durer jusqu'à deux ans, alors que la douleur disparaît bien avant — reprendre l'entraînement trop vite expose directement à la récidive.

Une tendinite chronique n'est plus une inflammation : comprendre la tendinite récidivante

Du stade inflammatoire au stade dégénératif

Le terme « tendinite » est trompeur. Il suggère une inflammation, et c'est effectivement le cas dans les premiers jours. Mais lorsque la douleur persiste au-delà de quelques semaines, le problème n'est plus inflammatoire : il est chronique. Les biopsies réalisées sur des tendons chroniquement douloureux ne montrent pas de cellules inflammatoires classiques (macrophages, lymphocytes, neutrophiles). Le terme cliniquement exact est alors « tendinopathie » ou « tendinose ».

Ce que l'on observe en revanche, c'est une désorganisation progressive des fibres de collagène. Le collagène de type I, résistant et élastique, est progressivement remplacé par du collagène de type III, mécaniquement moins solide. On constate également une augmentation anormale de la vascularisation locale et une modification du phénotype des ténocytes, qui deviennent arrondis et prolifèrent de façon anarchique. Le tendon perd sa capacité à absorber les contraintes de traction. Ces altérations structurelles expliquent concrètement pourquoi un tendon chronique reste sensible même lorsque la douleur s'est atténuée.

Les limites des anti-inflammatoires et des infiltrations

La conséquence est directe : les anti-inflammatoires et la glace agissent sur un mécanisme qui n'est plus au premier plan. Ils masquent la douleur sans traiter le fond. Quant aux infiltrations de corticoïdes, leur efficacité se limite souvent à deux à six semaines. Certaines études ont évalué le taux de récurrence post-infiltration à 66 % pour l'épicondylite latérale. D'autres ont d'ailleurs démontré expérimentalement que des doses physiologiques de corticoïdes injectés directement dans un tendon sain peuvent l'affaiblir significativement pendant plus de 14 jours après l'injection, un délai de sensibilité accrue souvent ignoré des sportifs, qui reprennent parfois l'effort trop tôt après une infiltration.

Le repos prolongé : un faux ami qui entretient la tendinite récidivante

Pourquoi l'absence de charge nuit à la réparation

L'instinct naturel face à une douleur tendineuse est d'arrêter toute activité. Pourtant, la privation totale de charge mécanique nuit à l'expression des gènes de la ténogénèse — c'est-à-dire au processus biologique de réparation du tendon. Sans stimulation mécanique adaptée, les fibres de collagène ne se réorganisent pas correctement. Le tendon reste structurellement anarchique, même si la douleur a disparu.

La chronologie est fondamentale à comprendre. La cicatrisation tendineuse se déroule en trois phases distinctes : la phase inflammatoire (première semaine), la phase proliférative (de 1 à 4 semaines) et la phase de remodelage (plusieurs mois). Dans la tendinopathie chronique, ce processus est perturbé et ne parvient pas à son terme normalement. La phase de remodelage tendineux peut durer jusqu'à deux ans. La douleur, elle, s'estompe en fin de phase inflammatoire, alors que la phase de remodelage est à peine amorcée. À la reprise de l'entraînement, la capacité cardio-respiratoire progresse, la force musculaire revient rapidement, et la sensation de forme s'améliore. Le sportif augmente alors l'intensité ou le volume prématurément. Mais le tendon, dont la réponse adaptative est significativement plus lente que celle du muscle, n'a pas suivi. Il se retrouve soumis à des contraintes qu'il ne peut pas encore absorber.

C'est précisément là que la tendinite s'installe à nouveau. Ce mécanisme est à l'origine de la majorité des tendinopathies de reprise, que ce soit au tendon d'Achille chez le coureur, au genou chez le footballeur ou au coude chez le tennisman.

⚠ À noter : si une rupture tendineuse est suspectée — claquement audible, gonflement massif et soudain, ou fièvre —, une imagerie médicale préalable (échographie ou IRM) est impérative avant toute prise en charge manuelle. L'ostéopathie intervient en complément du diagnostic médical, jamais en remplacement.

Les compensations mécaniques : le vrai piège de la tendinite récidivante en ostéopathie

Un phénomène silencieux qui déplace le problème

Lorsqu'un muscle est fatigué ou blessé, le corps ne s'arrête pas. Il sollicite d'autres structures autour pour accomplir le même mouvement, sensibilisant ainsi l'ensemble des systèmes biomécaniques. Ce phénomène de sensibilisation est silencieux, progressif, et souvent invisible pour le sportif lui-même.

Les exemples concrets sont nombreux. Une tendinite à l'épaule peut générer des compensations au niveau du cou et du milieu du dos, qui se sensibiliseront à leur tour. Ce mécanisme est particulièrement fréquent chez les nageurs, les tennismen ou les sportifs pratiquant des gestes répétitifs bras levés. Une tendinite à la cheville peut occasionner une boiterie qui sensibilise tout le membre inférieur.

 

Des facteurs favorisants souvent méconnus du sportif

Au-delà des compensations mécaniques, plusieurs facteurs aggravent ou entretiennent la tendinite récidivante sans que le sportif en ait conscience :

  • Des antécédents traumatiques mal soignées : séquelles d'entorses, de fractures ou de chirurgies qui altèrent la qualité des tissus et les dynamiques de mouvement
  • Des gestuelles sportives répétées qui solicitent tout le temps les mêmes zones, finissement par sensibiliser ces dernières, car peu de diversité de mouvement
  • Un matériel inadapté, notamment des chaussures de sport non adaptées — facteur majeur pour les tendinites des membres inférieur.
  • Un taux d'acide urique élevé (hyperuricémie), favorisant les dépôts de cristaux d'urate dans le tendon
  • Le stress chronique, qui comprime et surcharge les structures musculaires
  • Des foyers inflammatoires à distance, comme par exemple des carries ou abscès, favorise un niveau inflammatoire chronique à bas bruit, rendant la blessure ou son maintien plus probable.

Selon la Société Française de Médecine de l'Exercice et du Sport, près de 30 % des tendinites chroniques et récidivantes chez les athlètes trouveraient un facteur aggravant majeur dans un foyer infectieux bucco-dentaire non traité. Une donnée qui illustre à quel point la recherche de la cause dépasse largement la zone douloureuse.

Tendinite récidivante et ostéopathie : une approche globale qui commence loin de la douleur

 L'interrogatoire : première étape indispensable

La séance débute toujours par un interrogatoire complet. L'ostéopathe vous interroge sur vos antécédents de blessures, vos habitudes sportives, votre poste de travail, votre gestuelle quotidienne et l'ancienneté de la douleur. Chaque détail compte : une entorse de cheville non prise en charge il y a cinq ans peut être à l'origine d'une surcharge tendineuse au genou aujourd'hui.

Vient ensuite un travail global complet sur la zone douloureuse et les zones de sensibilité qui se sont révélées par la suite.

Une fois le bilan ostéopathique fait, Médéric de la Bourdonnaye vous expliquera comment mettre en place une routine d'exercice, pour que vous soyez autonome et volontaire dans votre capacité à vous guérir.

 

Aux cabinets de Cesson-Sévigné et Montgermont, Médéric de La Bourdonnaye accompagne les sportifs confrontés à ces problématiques de tendinites récidivantes, en s'appuyant sur son parcours en biologie et son expérience dans différentes disciplines sportives. Camille Hubert, ostéopathe diplomée, prend en charge également les sportifs. Chaque consultation accorde une place importante à l'écoute, à l'explication des mécanismes en jeu et à la transmission de conseils concrets, réellement applicables au quotidien et à l'entraînement. Si vous êtes sportif à Cesson-Sévigné, Montgermont, Saint-Grégoire ou dans les communes environnantes et que votre tendinite persiste malgré les traitements classiques, un bilan ostéopathique global peut vous aider à identifier ce qu'il se passe vraiment dans votre corps pour que vous puissiez sortir du cercle vicieux de la douleur.